Imprimerie de la Banque de France, à Chamalières.
Le Franc CFA est une monnaie imprimée  à Chamalières en France depuis l’avènement des indépendances de la plupart des colonies françaises (1950, 1960). Pendant longtemps, plusieurs leaders africains se sont mobilisés sur cette question et bien d’autres pour la souveraineté africaine . Cas de Thomas Sankara,  Chef d’Etat du Burkina Faso de 1983 à 1987, de Patrice Lumumba Premier ministre de la République démocratique du Congo de juin à septembre 1960, de Ahmed Sékou Touré, Président de la République de Guinée de 1958 à 1984.  Malheureusement, l’avenir ne leur a pas donné raison. Ajourd’hui, une nouvelle génération éprise de Lumières s’est levée et espère pouvoir obtenir gain de cause quant à sa souveraineté.

L’Afrique  semble être plus que jamais  déterminée à en découdre avec le FCFA. Une  monnaie qu’elle considère aujourd’hui comme un goulot d’étranglement. Sa jeunesse fortement instruite de nos jours sur cette  question fondamentale, a décidé de prendre ses responsabilités en se mobilisant davantage comme un seul homme. On y voit à travers cette prise de conscience collective une volonté manifeste de sortir du « mythe de la Caverne » de Platon. L’Afrique aspire aujourd’hui a  avoir une réelle autonomie financière.

Cependant, un paradoxe apparent semble se poser entre la volonté populaire et celle des élites. Ces dernières ont tendance à aller à l’encontre des aspirations du peuple. On peut être emmené à se poser bon nombre de questions sur  les réelles motivations des élites africaines. Sont-elles là pour répondre aux attentes des populations ou plutôt à celles de l’occident? Pourquoi ont-elles souvent des points de vue contraires à ceux des populations? Pourquoi font-elles le culte de la personnalité envers cette monnaie? Autant de questions parmi tant d’autres qui nécessitent  d’avoir des réponses probantes.

Le constat est clair, le Franc des colonies françaises d’Afrique (FCFA) porte atteinte à la prospérité africaine. L’Afrique ne peut  continuer à verser à la France 440 milliards d’euros de taxes (289 000 milliards de FCFA) par an. Sur quelle base doit-elle toujours continuer à le faire, si tant est qu’elle soit vraiment indépendante? L’actualité récente sur cette problématique profonde a démontré que peu importe ce que pensent les élites, seul le peuple a ou aura le dernier mot. Bon nombre de défenseurs de la liberté  continuent de se mobiliser à travers les quatre coins du monde à ce titre.

Kémi Séba brulant un billet de FCFA à Dakar à titre symbolique pour montrer son profond désaccord.

Le cas de  Kémi Séba peut illustrer nos propos. Président de l’association Urgence Panafricaine (UP), il a décidé de tirer le taureau par les cornes depuis pas mal d’années.  A Dakar,  il s’est fortement mobiliser sur cette question en sensibilisant davantage ses compatriotes sur la nécessité de sortir du Franc CFA. Et à titre symbolique, l’homme s’est permis de brûler un billet de CFA pour montrer son profond désaccord. Ce qui lui a valu une expulsion définitive du Sénégal par les autorités sénégalaises pour la France. Un geste fortement contesté et qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Toujours dans la même visée, seule une minorité essaie de conscientiser leurs semblables. Le ministre de la justice  du Tchad, M. Ahmat  Mahamat  s’était prononcé sur la nécessité pour l’Afrique de prendre ses responsabilités dans un passé proche, lors d’une interview avec la presse. «  La jeunesse africaine, si elle est mieux sensibilisée va continuer le combat », avait-il expliqué. A en croire ses propos, une véritable prise de conscience devrait se faire valoir. Les acteurs de la vie politique, économique et  sociale de différents bords devraient s’y mettre davantage pour que ce souhait soit effectif. Mais ceci devrait passer d’abord par un véritable investissement  sur le capital humain. Plus la jeunesse est instruite, mieux elle est sage et est à même d’agir positivement pour sa prospérité.

M. Ahmat Mahamat Hassane, ministre de la Justice, Garde des Sceaux du Tchad

Par ailleurs, le raisonnement inductif montre que la plupart des pays ont leurs propres monnaies. Les  membres de l’union européenne ont en partage (l’Euro), les Etats-Unis (le Dollar), la Chine (le Yuan), le Japon (le Yen), l’Angleterre (le Livre Sterling). Nombreux pays du Maghreb et certains de  l’Afrique Subsaharienne l’ayant compris, n’ont pas hésité à emprunter le pas. Cas de l’Afrique du Sud (Rand), la Guinée Conakry (Franc Guinéen), le Maroc (Dirham), l’Algérie (Dinar), l’Ethiopie (Birr), le Burundi (franc Burundais), le Ghana (Cedi), le Nigeria(Naira). Pourquoi les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEDEAO) et certains de la (CEDEAO) n’en feraient pas autant?

Il est donc important  aujourd’hui, que la plupart des élites africaines puissent  prendre leurs responsabilités. Car, bien que le peuple ait décidé d’agir en conséquence, c’est un sujet qui relève tout d’abord du domaine politique. Du dynamisme impulsé par  les gouvernants  comme le fait déjà la population; ceci consolidera encore plus l’ensemble et  une réelle autonomie aussi bien sur le plan politique, économique, que sociale adviendra.

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